Peace and death

Résumé

Y a-t-il eu un meurtre à la résidence pour personnes âgées Les Lilas ? C’est la première question que se pose la lieutenant Céleste Alvarez en se rendant sur les lieux aux aurores. Odette gît, fracassée, au bas d’un escalier auquel elle n’aurait jamais dû avoir accès. Comment a-t-elle pu arriver là en pleine nuit ? L’enquête s’annonce complexe et les témoignages plutôt flous : le personnel est surchargé de travail, quant aux autres pensionnaires, ils semblent tous un peu perdus… Dans sa chambre, Colette, elle, rêve de Rob, encore et encore : le ranch au Nevada, le Flower Power, San Francisco, la liberté, sa vie rocambolesque avec lui… Au cours de ses investigations, Alvarez va découvrir quelques incohérences qui, insidieusement, vont la conduire sur les traces d’une folle cavale entre le continent américain et la France… Avec l’amour pour feuille de route et la mort en filigrane…

Mon avis

Il n’y a pas que la canicule ou la covid19 qui tuent dans les maisons de retraite.
Céleste Alvarez est bien placée pour le savoir puisqu’on l’appelle au petit matin pour se rendre aux Lilas, maison de retraite, où l’on a retrouvé une patiente décédée de façon suspecte.
Flic peu commune, Céleste enquête, suspectant un meurtre alors que les indices tendent à monter qu’il s’agit d’un accident. Mais on ne la fait pas à Céleste, et ce n’est pas un fâcheux contretemps qui va l’empêcher de mener son enquête, car c’est de cela qu’il s’agit : c’est son enquête, même si, lui dit-on, il n’y a pas lieu d’avoir enquête, parce qu’il n’y a pas eu de meurtre.
Patrick Cargnelutti nous fait suivre l’histoire de ces deux héroïnes, à deux époques différentes. La superbe histoire de Colette fait écho à la vie de Céleste. On s’attache à ce roman dans le roman, à cette passion qui a traversé les ans pour finalement s’ancrer dans le XXIe siècle.
Peace and death est un excellent roman noir policier. L’enquête menée par Céleste Alvarez est passionnante.
Assurément un premier grand roman pour Patrick Cargnelutti.

Peace and death, Patrick Cargnelutti, Jigal Polar, 344 pages, 19€

Pour en savoir plus sur l’écriture de ce roman, rendez-vous avec Patrick Cargnelutti sur : https://www.france.tv/france-3/un-livre-un-jour/330605-peace-and-death-de-patrick-cargnelutti-jigal-polar.html

Une succession faite de bois dur

Résumé

En Afrique centrale, dans la région des Grands Lacs, mercenaires, barbouzes, fonctionnaires occidentaux corrompus et chefs de guerre cupides s’en donnent à cœur joie, détruisant impitoyablement un pays et ses habitants. Les hommes droits, comme Egbéblé, chef de village qui veut venger sa fille, ou Pelletier, ingénieur agronome qui fourre son nez où il ne faut pas, ne sont que des pions sacrifiés sur l’autel du pouvoir et de l’argent. Même les exploiteurs et les comploteurs minables, manipulés par plus puissants qu’eux, ne sortiront pas indemnes du cœur des ténèbres, et le lecteur assiste, impuissant et révolté, au délitement de l’âme et du monde.

Mon avis

Succession est le deuxième roman de Patrick Cargnelutti ; difficile de succéder à Peace and death qui était un très bon roman noir policier.

Dans ce nouveau roman, il est question de l’exploitation (parfois illégale) du bois dans une dictature imaginaire d’Afrique. Il est aussi question, de la France-Afrique, des rapports entre politique et économie, de toutes les formes de successions possibles: prendre la place de son père à la tête d’une entreprise, prendre la place de l’ancien président de la République, destituer un dictateur pour prendre sa place, prendre la place de son père pour assouvir sa vengeance…
Patrick Cargnelutti tisse, avec ironie et humour, une toile très dense d’intrigues reliées les unes aux autres en une histoire commune.
Succession entraîne le lecteur au cœur de l’Afrique, dans ces forêts denses et impénétrables où toutes les magouilles sont possibles.
Réaliste jusque dans ses plus petits détails, Succession est bien plus qu’un simple roman, c’est un plaidoyer pour l’Afrique, la nature, la planète.

L’auteur

Patrick Cargnelutti vit à Carhaix (29). Passionné de musique, de littérature et de peinture, il s’intéresse la politique et à l’écologie. Ancien infirmier en psychiatrie, après de nombreux engagements associatifs, il co-fonde en 2013 le webzine littéraire Quatre Sans Quatre et crée l’émission de radio « Des polars et des notes ». Auteur de Peace and Death (Jigal Polar, 2017), il est lauréat du prix Dora-Suarez de la nouvelle 2017 pour « Amin » (Enfantillages, AO).

Succession, Patrick Cargnelutti, Piranha noir, 368 pages, 20,90€

Aux sans foi errants

Résumé

Aux sans foi errants (dans les rues de nos villes…) tel est le début de la plaidoirie du procureur de Beauvais en 1923 lors du procès de quatre jeunes gens qui ont tué une vieille dame. Pour ce crime sordide, ils risquent la guillotine et sont défendus par l’avocat idéaliste Miremont.
Quelques années après la fin du conflit qui a ravagé la Picardie en faisant des milliers de victimes, Miremont va faire de ce procès celui de la peine de mort.

Mon avis

Pierre Saha propose dans ce roman une nouvelle histoire de Miremont. Historien habile maîtrisant son sujet, Pierre Saha évoque, avec force détails, la vie de ceux qui s’en revinrent de la Première Guerre mondiale, pour se retrouver “étrangers” à leur monde et à ce mode de vie. Si j’ai pris à découvrir cette enquête de Miremont, malheureusement, les descriptions trop nombreuses et les digressions font que l’on s’y perd un peu dans l’histoire. Les qualités du roman de Pierre Saha sont là et méritent que l’on accompagne les personnages de cette histoire jusqu’au bout.

À propos

L’avocat Miremont, ancien combattant de la guerre 14-18, était le personnage principal du précédent roman de Pierre Saha, Les Rois de rien (2014).
Aux sans foi errants est le treizième livre de la collection 14/18, lancée en 2014 dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre mondiale par l’éditeur lillois Pôle Nord Éditions. Cette maison d’édition ayant disparu, la collection a été reprise par Gilles Guillon. Deux nouveaux romans historiques paraîtront chaque année. Ils ont toujours pour thème la guerre 14-18 et ses conséquences.

Aux sans foi errants, Pierre Saha, Gilles Guillon éd., collection 14/18,560 pages, 13 € – ISBN : 979-10-92285-77-2 – avril 2019

Les naufragés du tepuy

Résumé

Venezuela. Une jeune femme se réveille au milieu de la jungle, seule, amnésique, blessée, reliée à un parachute. Autour d’elle, à perte de vue, la végétation… et le grésillement d’un talkie-walkie. Très vite, la jeune femme comprend qu’elle n’est pas aussi seule qu’elle le croyait : de drôle de prédateurs rôdent au cœur de la jungle, des miliciens armés jusqu’aux dents, et déterminés à déterrer des secrets depuis longtemps oubliés…
À quelques milliers de kilomètres de là, en Floride, le détective privé Clinton Fisher est embauché par le propriétaire d’un aérodrome pour retrouver un avion volé. Son enquête le mènera bien plus loin qu’il ne l’imagine, jusque dans les méandres des multinationales pharmaceutiques…

Mon avis

Pour son troisième roman, François Baranger n’a pas choisi la voie la plus facile : le thriller d’aventure. Très vite, l’action est au rendez-vous, et le lecteur a à peine le temps de suivre l’héroïne reprendre ses esprits que la tension devient palpable.

Les personnages oscillent entre la survie et la quête qu’ils avaient en tête en arrivant sur ce tepuy. Les difficultés de l’aventure font vite tomber les masques, et les camps se forment alors pour savoir qui ira le plus vite, qui obtiendra ce pour quoi il est là.

Il y a deux parties dans cette aventure : celle qui se déroule sur le tepuy et celle qui se passe aux États-Unis, où et les affaires et la politique prennent le dessus sur la recherche scientifique.

Ce roman m’a parfois fait penser à certains récits de Lovecraft et aussi à Alien. Partout dans l’histoire, on ressent le sens du détail, la précision dans les décors et les personnages. Même en le sachant par avance pour avoir déjà vu ses œuvres, j’ai bien ressenti que François Baranger est aussi illustrateur. C’est d’ailleurs lui qui a réalisé la couverture du roman. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et il a fait mouche avec cette couverture aussi.

Tepuy est un formidable thriller d’aventure qui maintient le suspense du début à la fin, en flirtant avec la science-fiction.

L’auteur

François Baranger est illustrateur et romancier. On lui doit notamment Dominium Mundi I et II, nommé pour plusieurs prix (éd. Critic), L’effet domino (Bragelonne), nommé pour le Prix du polar historique de Montmorillon. Il a dessiné pour la série Freaks agency. Il a été concept-artist pour Christophe Ganz, Joann Sfar ou encore Alain Chabat.

En 2017, François Baranger revient à l’illustration avec une version illustrée de la nouvelle L’Appel de Chtulhu (Bragelonne), de H.P. Lovecraft, et en 2019, il publie Les montagnes hallucinées (Bragelonne), du même auteur.

Tepuy, François Baranger, éd. Critic, 458p., 20€

À une particule près

Le Neutrino de Majorana

Au début du siècle dernier, en Italie, Ettore Majorana, jeune savant de la trempe d’Einstein, partage sa fougue et sa passion entre les particules et Emilia, une jeune étudiante argentine. Bien des années plus tard, au Cern – le plus grand accélérateur de particules du monde –, 600 millions de protons se heurtent chaque seconde pour faire jaillir du vide la matière telle que nous la connaissons. L’univers, les étoiles, la terre, la mer, les arbres, les plantes, les êtres vivants… Ainsi que les cadavres. Quand le corps de Sabrina Marco, chercheuse dans le prestigieux laboratoire, est découvert, le crâne fracassé, aux abords du complexe, après la sidération de tous, les questions vont très vite s’enchaîner. Qui ? Pourquoi ? Le meurtre ayant eu lieu sur la frontière, c’est en « parfaite » coopération, que la police française et la police suisse vont devoir mener l’enquête. Et aller de surprise en surprise…
Mon avis

Comment Nils Barrellon a-t-il réussi à lier un meurtre concernant le Cern à Ettore Majorana, physicien disparu dans les années 1950?
Polar scientifique, mais aussi historique, puisque l’histoire de Majorana relie le tout (spoiler !).
Le neutrino de Majorana est un très bon roman policier. L’enquête y est bien menée et développée; les personnages ont de l’épaisseur et l’auteur sait faire monter le suspense et l’intérêt autour du meurtre de cette scientifique. Nils Barrellon tisse un beau réseau de fils qu’il n’a entremêler que pour piéger le lecteur.

C’est en écoutant une émission de radio présentée par Étienne Klein que Nils Barrellon découvre l’existence d’Ettore Majorana. Lui, qui depuis longtemps, rêvait d’écrire un polar scientifique, tient son sujet avec l’étonnante biographie de Majorana, ce savant italien de la trempe d’Einstein ou de Newton, qui l’a immédiatement émoustillé. Ne souhaitant pas être trop vulgarisateur sur le sujet, il compulse une volumineuse documentation scientifique… Et de l’agitation intellectuelle de l’Italie du début du XXe siècle aux incroyables recherches actuelles du Cern, Nils Barrellon, va mêler et distordre histoire et personnages avec une seule et obsédante idée en tête : la mécanique quantique.

Le neutrino de Majorana, Nils Barrellon, Jigal Polar, 288 pages, 19€

 

Une chanson (pas vraiment) douce de Johana Gustawsson

Résumé de l’éditeur

[Sång] : nom fém. En suédois, signifie « chanson ».

En Suède, une famille est massacrée dans sa luxueuse demeure. Ce terrible fait divers rappelle sur ses terres Aliénor Lindbergh, une jeune autiste Asperger récemment entrée comme analyste à Scotland Yard : ce sont ses parents qui ont été assassinés.

Avec son amie Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les crimes en série, la profileuse Emily Roy rejoint sa protégée à Falkenberg, où l’équipe du commissaire Bergström mène l’enquête. Ensemble, elles remontent la piste du tueur jusqu’à la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930, lorsque le dictateur Franco réduisit toute résistance au silence, dans le sang.

Mon avis

Avec Sång, Johana Gustawsson prend le lecteur par les tripes.
Ce roman, bien plus qu’un thriller, est un hommage aux victimes de la dictature franquiste.
Avec ce troisième roman, Johana nous montre qu’il faut compter avec elle pour lire les histoires les plus terrifiantes et addictives.
S’inspirant de faits historiques, elle remue le passé comme personne pour faire remonter jusqu’à aujourd’hui les horreurs dues à la cruauté des Hommes.
Cette affaire de famille, qui débute pendant la Guerre d’Espagne, fait remonter ses ramifications dans le temps et l’espace.
Peut-on se débarrasser de son passé? Faire comme s’il n’avait jamais existé ? La résilience a des limites qui peuvent faire exploser les individus. L’Histoire collective n’est, rappelons-le, que la somme des histoires individuelles.

Sång est pour moi le thriller de l’année. Bien plus qu’une enquête policière, ce roman dépasse les genres littéraires. Johana Gustawsson a trouvé la marche à suivre et réussit à faire que chacun de ses romans est meilleur que le précédent.
Block 46 mettait la barre très haut du point de vue historique. La partie concernant la Guerre d’Espagne mettra à l’épreuve les nerfs les plus solides.
 

En attendant, Sång est LE  roman à lire avant la fin de l’année.

 
 
 
Sång a reçu le prix Polartifice 2019 du Salon Le Touquet Paris-Plage.
 
 
Sång, Johana Gustawsson, Bragelonne Thriller, 288 pages, 21,50€ (12,99€ en numérique).
Merci aux éditions Bragelonne et à Lilas Seewald pour ce service de presse.

En moi le venin, Philippe Hauret

Résumé

Suite à un évènement tragique, l’ex-lieutenant de police Franck Mattis se voit contraint de retourner sur les terres de son enfance. Il y retrouve d’anciens En moi le venin, Philipp Hauret, Jigal Polarcamarades de lycée. À commencer par l’envoûtante Esther, devenue chargée de communication pour le compte d’un candidat à la mairie sans scrupules. Mais aussi Valéry, le boss redoutable d’une boîte de nuit dans laquelle de jeunes femmes sont contraintes à la prostitution. Il y a aussi Ben, le passionné d’informatique qui végète dans son appartement en compagnie d’une étrange créature. Cécile, la secrétaire soumise aux jeux pervers de son employeur, Warren, l’amant stupide et incontrôlable, ou encore Moe, l’homme de main impitoyable qui ne rêve que de se retirer au calme avec ses chiens. Franck Mattis se voit plongé au cœur d’un monde qu’il ne connaît que trop bien, celui de la nuit, de la violence, du mensonge et de la désespérance. Une fois encore, il lui faudra lutter contre ses propres démons, et qui sait, peut-être enfin trouver la paix…

La vie venait de lui démontrer de manière implacable que respecter les règles ne servait à rien. Le système n’avait pas pour finalité de prêter son épaule aux plus faibles, seuls les forts s’en sortaient, c’était aussi simple que ça.

Mon avis

Noir, absolument noir, En moi le venin fait partie de ces romans de chronique sociale qui paraissent tout droit sortis des pages “faits divers” des quotidiens.
Philippe Hauret clôt ici une quadrilogie sociale entamée avec Je vis je meurs. Ce n’est rien de dire que ses personnages sont perdus, cherchant par tous les moyens à “faire” quelque chose: Gagner une élection, faire gagner une élection, trouver l’amour, renouer avec le passé…
En lisant ce roman (et d’une manière plus générale les autres romans de Philippe Hauret), on se demande si l’auteur maîtrise ses personnages où s’il ne se sont pas échappés dès lors qu’il leur a donné vie. Leurs destins ne semblent plus lui appartenir ; ce roman en est la preuve avec l’histoire de Franck Mattis.
Un roman vraiment conseillé, à lire après avoir lu les autres, pour profiter au maximum de la plume de l’auteur et de ses histoires tragiques.

La vie fournissait tant de motifs de ressentiment que rares étaient ceux qui résistaient au durcissement pathologique de leurs aspirations.

L’auteur

Né en 1963 à Chamalières, Philippe Hauret passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez. Après le divorce de ses parents et d’incessants déménagements, il échoue en banlieue sud parisienne. Sa scolarité est chaotique, seuls le français et la littérature le passionnent. En autodidacte convaincu, il quitte l’école et vit de petits boulots, traîne la nuit dans les bars, et soigne ses lendemains de cuite en écrivant de la poésie et des bouts de romans. Il voyage ensuite en Europe, avant de trouver sa voie en entrant à l’université. Après avoir longtemps occupé la place de factotum, il est maintenant bibliothécaire. Quand il n’écrit pas, Philippe Hauret se replonge dans ses auteurs favoris, Fante, Carver, Bukowski, joue de la guitare, regarde des films ou des séries, noirs, de préférence.

En moi le venin, Philippe Hauret, Jigal Polar, 231 pages, 18,50 €

Road-trip dans l’Angleterre du XIVe siècle avec Karen Maitland

Résumé de l’éditeur

La peste s’abat sur l’Angleterre. La compagnie des menteurs
Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin

 

d’échapper à la contagion. Parmi eux, un vendeur de saintes reliques, un magicien, une jeune voyante, un conteur, une domestique, deux musiciens italiens, un peintre et sa femme enceinte. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre démembré, un troisième poignardé… Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Toutes les apparences ne vont pas tarder à s’avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis

Un road-trip en Angleterre au Moyen-Âge, en 1348? Pourquoi pas. Alors que maintenant, ce sont les zombies qui mettent les gens sur les routes, dans ce roman de Karen Maitland, c’est la peste noire qui fait fuir notre compagnie de menteurs.

Qui sont donc ces protagonistes? Le principal personnage, un vieux borgne ; c’est lui qui raconte cette histoire. Viennent ensuite deux musiciens, une femme enceinte et son compagnon, un magicien, une gamine aux cheveux blancs un peu voyante, une sage-femme et, enfin, un conteur estropié.

Tout au long du roman, le lecteur assiste à la constitution de cette compagnie et découvre peu à peu l’histoire de chacun de ses membres. Du moins ce que chacun veut bien avouer aux autres.

Karen Maitland fait monter la pression au fil du livre en mettant sur leurs traces l’épidémie de peste, et aussi la découverte par les membres de la compagnie des vérités sur chacun des autres membres.

Suspense? Thriller? La compagnie des menteurs est un peu de tout ça, mais c’est avant tout un roman historique oppressant. L’auteur met les croyances moyenâgeuses au centre de cette histoire. Le travail de documentation est énorme et on découvre tout un pan de l’histoire de l’Angleterre en lisant cette fuite hors de portée de la peste.

L’auteur : Karen Maitland est née en 1956. Elle vit en Angleterre, dans le Norfolk. La Compagnie des menteurs a été son premier roman publié en France.

La compagnie des menteurs, Karen Maitland, Sonatine, 456 pages, 22 €.