Polar, thriller, roman noir...

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En moi le venin, Philippe Hauret

En moi le venin

Résumé

Suite à un évènement tragique, l’ex-lieutenant de police Franck Mattis se voit contraint de retourner sur les terres de son enfance. Il y retrouve d’anciens En moi le venin, Philipp Hauret, Jigal Polarcamarades de lycée. À commencer par l’envoûtante Esther, devenue chargée de communication pour le compte d’un candidat à la mairie sans scrupules. Mais aussi Valéry, le boss redoutable d’une boîte de nuit dans laquelle de jeunes femmes sont contraintes à la prostitution. Il y a aussi Ben, le passionné d’informatique qui végète dans son appartement en compagnie d’une étrange créature. Cécile, la secrétaire soumise aux jeux pervers de son employeur, Warren, l’amant stupide et incontrôlable, ou encore Moe, l’homme de main impitoyable qui ne rêve que de se retirer au calme avec ses chiens. Franck Mattis se voit plongé au cœur d’un monde qu’il ne connaît que trop bien, celui de la nuit, de la violence, du mensonge et de la désespérance. Une fois encore, il lui faudra lutter contre ses propres démons, et qui sait, peut-être enfin trouver la paix…

La vie venait de lui démontrer de manière implacable que respecter les règles ne servait à rien. Le système n’avait pas pour finalité de prêter son épaule aux plus faibles, seuls les forts s’en sortaient, c’était aussi simple que ça.

Mon avis

Noir, absolument noir, En moi le venin fait partie de ces romans de chronique sociale qui paraissent tout droit sortis des pages “faits divers” des quotidiens.
Philippe Hauret clôt ici une quadrilogie sociale entamée avec Je vis je meurs. Ce n’est rien de dire que ses personnages sont perdus, cherchant par tous les moyens à “faire” quelque chose: Gagner une élection, faire gagner une élection, trouver l’amour, renouer avec le passé…
En lisant ce roman (et d’une manière plus générale les autres romans de Philippe Hauret), on se demande si l’auteur maîtrise ses personnages où s’il ne se sont pas échappés dès lors qu’il leur a donné vie. Leurs destins ne semblent plus lui appartenir ; ce roman en est la preuve avec l’histoire de Franck Mattis.
Un roman vraiment conseillé, à lire après avoir lu les autres, pour profiter au maximum de la plume de l’auteur et de ses histoires tragiques.

 La vie fournissait tant de motifs de ressentiment que rares étaient ceux qui résistaient au durcissement pathologique de leurs aspirations.

L’auteur

Né en 1963 à Chamalières, Philippe Hauret passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez. Après le divorce de ses parents et d’incessants déménagements, il échoue en banlieue sud parisienne. Sa scolarité est chaotique, seuls le français et la littérature le passionnent. En autodidacte convaincu, il quitte l’école et vit de petits boulots, traîne la nuit dans les bars, et soigne ses lendemains de cuite en écrivant de la poésie et des bouts de romans. Il voyage ensuite en Europe, avant de trouver sa voie en entrant à l’université. Après avoir longtemps occupé la place de factotum, il est maintenant bibliothécaire. Quand il n’écrit pas, Philippe Hauret se replonge dans ses auteurs favoris, Fante, Carver, Bukowski, joue de la guitare, regarde des films ou des séries, noirs, de préférence.

En moi le venin, Philippe Hauret, Jigal Polar, 231 pages, 18,50 €

À une particule près

Au début du siècle dernier, en Italie, Ettore Majorana, jeune savant de la trempe d’Einstein, partage sa fougue et sa passion entre les particules et Emilia, une jeune étudiante argentine. Bien des années plus tard, au Cern – le plus grand accélérateur de particules du monde –, 600 millions de protons se heurtent chaque seconde pour faire jaillir du vide la matière telle que nous la connaissons. L’univers, les étoiles, la terre, la mer, les arbres, les plantes, les êtres vivants… Ainsi que les cadavres. Quand le corps de Sabrina Marco, chercheuse dans le prestigieux laboratoire, est découvert, le crâne fracassé, aux abords du complexe, après la sidération de tous, les questions vont très vite s’enchaîner. Qui ? Pourquoi ? Le meurtre ayant eu lieu sur la frontière, c’est en « parfaite » coopération, que la police française et la police suisse vont devoir mener l’enquête. Et aller de surprise en surprise…

Mon avis

Comment Nils Barrellon a-t-il réussi à lier un meurtre concernant le Cern à Ettore Majorana, physicien disparu dans les années 1950?
Polar scientifique, mais aussi historique, puisque l’histoire de Majorana relie le tout (spoiler !).

Elle lui avait donné un feutre qui traînait dans son sac. Vas-y. Écris-moi un poème.
Il avait pris le feutre. Il s’était mis au travail. À la fin, elle avait lu le résultat. Lui plaisait-il?
Elle avait répondu que non, car elle savait comment se terminait ce poème et elle n’aimait pas les fins tragiques.

Le neutrino de Majorana est un très bon roman policier. L’enquête y est bien menée et développée; les personnages ont de l’épaisseur et l’auteur sait faire monter le suspense et l’intérêt autour du meurtre de cette scientifique. Nils Barrellon tisse un beau réseau de fils qu’il n’a entremêler que pour piéger le lecteur.
C’est en écoutant une émission de radio présentée par Étienne Klein que Nils Barrellon découvre l’existence d’Ettore Majorana. Lui, qui depuis longtemps, rêvait d’écrire un polar scientifique, tient son sujet avec l’étonnante biographie de Majorana, ce savant italien de la trempe d’Einstein ou de Newton, qui l’a immédiatement émoustillé. Ne souhaitant pas être trop vulgarisateur sur le sujet, il compulse une volumineuse documentation scientifique… Et de l’agitation intellectuelle de l’Italie du début du XXe siècle aux incroyables recherches actuelles du Cern, Nils Barrellon, va mêler et distordre histoire et personnages avec une seule et obsédante idée en tête : la mécanique quantique.

Le neutrino de Majorana, Nils Barrellon, Jigal Polar, 288 pages, 19€

Habemus piratam

Notre double numérique est devenu notre pire ennemi. Un Judas en puissance, un traître incorruptible et froid qui compile, jour après jour, de précieuses informations à notre insu.

Résumé

Francis mène une vie bien calme. Il faut dire qu’il est curé dans la vallée de Chantebrie et que ses paroissiens ont peu de péchés palpitants à lui confesser. Jusqu’au jour où un homme débarque dans son église pour s’accuser d’avoir enfreint chacun des dix commandements. Plaisir inattendu : l’homme est un hacker de génie et ses crimes sont pour le prêtre l’occasion de découvrir avec délice un monde dont il ne soupçonnait pas l’existence : le monde des pirates informatiques, de la cybersécurité et du dark web. Francis met alors le doigt dans un engrenage numérique qui va l’entraîner beaucoup plus loin que prévu.

Dans son for intérieur, Francis se dit que le corbeau était sûrement un hacker de renommée internationale. Le genre de Robin des Bois numérique, volant au secours de la veuve et l’orphelin, maintenant qu’il avait fait le choix de se confesser et de revenir dans le droit chemin.

Mon avis

Un curé au-dessus de tout soupçon. Tel aurait pu être le titre de ce roman de Pierre Raufast. Composé de plusieurs petites histoires, qui pourraient constituer un ensemble de nouvelles, ce livre plein d’humour fait la part belle aux nouvelles technologies et à leur utilisation pas toujours des plus glorieuses. Au fil de ces dix commandements bafoué, le curé Francis va découvrir les affres de l’impatiente, dans l’attente des visites de son hacker. Tout comme l’abbé Francis, méfiez-vous : la réalité dépasse toujours la fiction.

L’auteur : Pierre Raufast est né à Marseille en 1973. Depuis son premier roman, La Fractale des raviolis (prix de la Bastide et prix Talents Cultura 2014), il se plaît à jouer avec les structures narratives. Quand il n’écrit pas, il travaille dans la cybersécurité (et vice versa).

Habemus piratam, Pierre Raufast, Les Forges de Vulcain, 240 pages, 20€

Une chanson (pas vraiment) douce de Johana Gustawsson

SangRésumé de l’éditeur

[Sång] : nom fém. En suédois, signifie «chanson».

En Suède, une famille est massacrée dans sa luxueuse demeure. Ce terrible fait divers rappelle sur ses terres Aliénor Lindbergh, une jeune autiste Asperger récemment entrée comme analyste à Scotland Yard : ce sont ses parents qui ont été assassinés.

Avec son amie Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les crimes en série, la profileuse Emily Roy rejoint sa protégée à Falkenberg, où l’équipe du commissaire Bergström mène l’enquête. Ensemble, elles remontent la piste du tueur jusqu’à la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930, lorsque le dictateur Franco réduisit toute résistance au silence, dans le sang.

Mon avis

Avec Sång, Johana Gustawsson prend le lecteur par les tripes.
Ce roman, bien plus qu’un thriller, est un hommage aux victimes de la dictature franquiste.
Avec ce troisième roman, Johana nous montre qu’il faut compter avec elle pour lire les histoires les plus terrifiantes et addictives.
S’inspirant de faits historiques, elle remue le passé comme personne pour faire remonter jusqu’à aujourd’hui les horreurs dues à la cruauté des Hommes.
Cette affaire de famille, qui débute pendant la Guerre d’Espagne, fait remonter ses ramifications dans le temps et l’espace.
Peut-on se débarrasser de son passé? Faire comme s’il n’avait jamais existé ? La résilience a des limites qui peuvent faire exploser les individus. L’Histoire collective n’est, rappelons-le, que la somme des histoires individuelles.
Sång est pour moi le thriller de l’année. Bien plus qu’une enquête policière, ce roman dépasse les genres littéraires. Johana Gustawsson a trouvé la marche à suivre et réussit à faire que chacun de ses romans est meilleur que le précédent.
Block 46 mettait la barre très haut du point de vue historique. La partie concernant la Guerre d’Espagne mettra à l’épreuve les nerfs les plus solides.

En attendant, Sång est LE roman à lire avant la fin de l’année.

Sång a reçu le prix Polartifice 2019 du Salon Le Touquet Paris-Plage.

Sång, Johana Gustawsson, Bragelonne Thriller, 288 pages, 21,50€ (12,99€ en numérique).
Merci aux éditions Bragelonne et à Lilas Seewald pour ce service de presse.

L’Évangile selon Ghislain Gilberti

L’Évangile de la colère est le nouveau roman de Ghislain Gilberti. Le moins que je puisse dire de ce roman, c’est que l’auteur poursuit avec brio son œuvre. J’y ai retrouvé les ingrédients propres à l’auteur, aussi bien stylistiques que liés à l’histoire. De fil en aiguille, G. Gilberti surprend ses lecteurs plusieurs fois au court du récit. L’histoire se déplie, tout comme les Évangiles, canoniques, apocryphes… que l’on découvre au fil des ans.

L’Évangile de la colère, Ghislain Gilberti, Hugo Thriller, 19,95€

Ange, Philippe Hauret

 

Résumé

Ange est une jeune femme rebelle, survoltée et aventureuse qui profite de sa séduisante plastique pour attirer de riches entrepreneurs avant de les dépouiller. Elle partage un appartement avec Elton, son ami d’enfance. Ce dernier passe ses journées, rivé sur le canapé, devant la télé, tout en se rêvant multimillionnaire.
Lorsque Ange rencontre Thierry Tomasson, véritable icône télévisuelle, elle s’imagine déjà mener une brillante carrière de chroniqueuse. L’animateur, surtout soucieux de s’adjuger ses jolies formes, va vite la faire déchanter… Pour se venger, Ange concocte alors un plan machiavélique en entraînant Elton dans son sillage. Mais on ne s’attaque pas à un présentateur vedette sans en subir de fâcheuses conséquences. Et bien que Ange puisse toujours compter sur sa niaque et son sens inné de l’embrouille pour retourner la situation, le destin peut parfois se montrer facétieux et impitoyable…

Mon avis

 

Fidèle à son style, Philippe Hauret trace avec ce roman les destins sombres d’Ange et de son colocataire, Elton. Comme à chaque fois avec l’auteur, je me suis dis qu’il faisait encore court. Mais c’est sans compter sur l’efficacité de son style qui en met plein la vue sans étaler sa confiture de mots à chaque paragraphe.
J’en suis sorti soufflé, comme d’habitude, avec l’impression d’être entré dans la vie de ses personnages et de les connaître aussi bien que lui, le tout dans un condensé à lire et relire.

Ange, Philippe Hauret, Jigal Polar, 208 pages, 18€



Peace and death

Peace and death, de Patrick Cargnelutti.
Peace and Death – Patrick Cargnelutti

Résumé

Y a-t-il eu un meurtre à la résidence pour personnes âgées Les Lilas ? C’est la première question que se pose la lieutenant Céleste Alvarez en se rendant sur les lieux aux aurores. Odette gît, fracassée, au bas d’un escalier auquel elle n’aurait jamais dû avoir accès. Comment a-t-elle pu arriver là en pleine nuit ? L’enquête s’annonce complexe et les témoignages plutôt flous : le personnel est surchargé de travail, quant aux autres pensionnaires, ils semblent tous un peu perdus… Dans sa chambre, Colette, elle, rêve de Rob, encore et encore : le ranch au Nevada, le Flower Power, San Francisco, la liberté, sa vie rocambolesque avec lui… Au cours de ses investigations, Alvarez va découvrir quelques incohérences qui, insidieusement, vont la conduire sur les traces d’une folle cavale entre le continent américain et la France… Avec l’amour pour feuille de route et la mort en filigrane…

Mon avis

Il n’y a pas que la canicule ou la covid19 qui tuent dans les maisons de retraite.
Céleste Alvarez est bien placée pour le savoir puisqu’on l’appelle au petit matin pour se rendre aux Lilas, maison de retraite, où l’on a retrouvé une patiente décédée de façon suspecte.
Flic peu commune, Céleste enquête, suspectant un meurtre alors que les indices tendent à monter qu’il s’agit d’un accident. Mais on ne la fait pas à Céleste, et ce n’est pas un fâcheux contretemps qui va l’empêcher de mener son enquête, car c’est de cela qu’il s’agit : c’est son enquête, même si, lui dit-on, il n’y a pas lieu d’avoir enquête, parce qu’il n’y a pas eu de meurtre.
Patrick Cargnelutti nous fait suivre l’histoire de ces deux héroïnes, à deux époques différentes. La superbe histoire de Colette fait écho à la vie de Céleste. On s’attache à ce roman dans le roman, à cette passion qui a traversé les ans pour finalement s’ancrer dans le XXIe siècle.
Peace and death est un excellent roman noir policier. L’enquête menée par Céleste Alvarez est passionnante.
Assurément un premier grand roman pour Patrick Cargnelutti.

Peace and death, Patrick Cargnelutti, Jigal Polar, 344 pages, 19€

Voyage à Carcassonne avec Kate Mosse

Résumé

France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s’exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent. À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d’un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant converti dont la vie en danger. Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d’un vaste complot, lié à une sainte relique. Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies.

Mon avis

Kate Mosse est une habituée des histoires se déroulant dans le Sud de la France et des romans historiques. Cette fois-ci encore, elle emporte le lecteur dans une aventure en pleine guerre de religions. Carcassone et Toulouse sont au centre de ce roman ; épicentres des troubles, les deux villes y ont une place très importante.

Au-delà du simple roman historique, Kate Mosse met en avant les problèmes liés à l’intolérance religieuse. Ses personnages principaux, pourtant adeptes de l’une et l’autre religion, réussissent à mettre de côté leurs différences pour partir en quête d’un secret qui modifiera leurs destins.

C’est bien un roman historique que La cité de feu, car Kate Mosse retrace bien cette période trouble de l’Histoire de France et de l’Europe. Ses personnages sont bien ancrés dans leur temps. Et le premier tome de cette trilogie promet d’autres développement bien au-delà de la France.

Après Sépulcre et Labyrinthe, qui se déroulent tous les deux aussi à Carcassonne, vendus à plusieurs millions d’exemplaires, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque érudite et captivante. Elle y donne la parole à ces figures féminines trop souvent oubliées par l’histoire officielle. D’une efficacité redoutable, La Cité de feu confirme l’inimitable maestria narrative de son auteur.

La cité de feu, Kate Mosse, Sonatine, 608 pages, 23€

Une succession faite de bois dur

Résumé

En Afrique centrale, dans la région des Grands Lacs, mercenaires, barbouzes, fonctionnaires occidentaux corrompus et chefs de guerre cupides s’en donnent à cœur joie, détruisant impitoyablement un pays et ses habitants. Les hommes droits, comme Egbéblé, chef de village qui veut venger sa fille, ou Pelletier, ingénieur agronome qui fourre son nez où il ne faut pas, ne sont que des pions sacrifiés sur l’autel du pouvoir et de l’argent. Même les exploiteurs et les comploteurs minables, manipulés par plus puissants qu’eux, ne sortiront pas indemnes du cœur des ténèbres, et le lecteur assiste, impuissant et révolté, au délitement de l’âme et du monde.

Mon avis

Succession est le deuxième roman de Patrick Cargnelutti ; difficile de succéder à Peace and death qui était un très bon roman noir policier.

Dans ce nouveau roman, il est question de l’exploitation (parfois illégale) du bois dans une dictature imaginaire d’Afrique. Il est aussi question, de la France-Afrique, des rapports entre politique et économie, de toutes les formes de successions possibles: prendre la place de son père à la tête d’une entreprise, prendre la place de l’ancien président de la République, destituer un dictateur pour prendre sa place, prendre la place de son père pour assouvir sa vengeance…
Patrick Cargnelutti tisse, avec ironie et humour, une toile très dense d’intrigues reliées les unes aux autres en une histoire commune.
Succession entraîne le lecteur au cœur de l’Afrique, dans ces forêts denses et impénétrables où toutes les magouilles sont possibles.
Réaliste jusque dans ses plus petits détails, Succession est bien plus qu’un simple roman, c’est un plaidoyer pour l’Afrique, la nature, la planète.

L’auteur

Patrick Cargnelutti vit à Carhaix (29). Passionné de musique, de littérature et de peinture, il s’intéresse la politique et à l’écologie. Ancien infirmier en psychiatrie, après de nombreux engagements associatifs, il co-fonde en 2013 le webzine littéraire Quatre Sans Quatre et crée l’émission de radio « Des polars et des notes ». Auteur de Peace and Death (Jigal Polar, 2017), il est lauréat du prix Dora-Suarez de la nouvelle 2017 pour « Amin » (Enfantillages, AO).

Succession, Patrick Cargnelutti, Piranha noir, 368 pages, 20,90€

Aux sans foi errants

Résumé

Aux sans foi errants (dans les rues de nos villes…) tel est le début de la plaidoirie du procureur de Beauvais en 1923 lors du procès de quatre jeunes gens qui ont tué une vieille dame. Pour ce crime sordide, ils risquent la guillotine et sont défendus par l’avocat idéaliste Miremont.
Quelques années après la fin du conflit qui a ravagé la Picardie en faisant des milliers de victimes, Miremont va faire de ce procès celui de la peine de mort.

Mon avis

Pierre Saha propose dans ce roman une nouvelle histoire de Miremont. Historien habile maîtrisant son sujet, Pierre Saha évoque, avec force détails, la vie de ceux qui s’en revinrent de la Première Guerre mondiale, pour se retrouver « étrangers » à leur monde et à ce mode de vie. Si j’ai pris à découvrir cette enquête de Miremont, malheureusement, les descriptions trop nombreuses et les digressions font que l’on s’y perd un peu dans l’histoire. Les qualités du roman de Pierre Saha sont là et méritent que l’on accompagne les personnages de cette histoire jusqu’au bout.

À propos

L’avocat Miremont, ancien combattant de la guerre 14-18, était le personnage principal du précédent roman de Pierre Saha, Les Rois de rien (2014).
Aux sans foi errants est le treizième livre de la collection 14/18, lancée en 2014 dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre mondiale par l’éditeur lillois Pôle Nord Éditions. Cette maison d’édition ayant disparu, la collection a été reprise par Gilles Guillon. Deux nouveaux romans historiques paraîtront chaque année. Ils ont toujours pour thème la guerre 14-18 et ses conséquences.

Aux sans foi errants, Pierre Saha, Gilles Guillon éd., collection 14/18,560 pages, 13 € – ISBN : 979-10-92285-77-2 – avril 2019

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