Road-trip dans l’Angleterre du XIVe siècle avec Karen Maitland

Résumé de l’éditeur

La compagnie des menteurs

La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Parmi eux, un vendeur de saintes reliques, un magicien, une jeune voyante, un conteur, une domestique, deux musiciens italiens, un peintre et sa femme enceinte. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre démembré, un troisième poignardé… Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Toutes les apparences ne vont pas tarder à s’avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis

Un road-trip en Angleterre au Moyen-Âge, en 1348? Pourquoi pas. Alors que maintenant, ce sont les zombies qui mettent les gens sur les routes, dans ce roman de Karen Maitland, c’est la peste noire qui fait fuir notre compagnie de menteurs.

Qui sont donc ces protagonistes? Le principal personnage, un vieux borgne ; c’est lui qui raconte cette histoire. Viennent ensuite deux musiciens, une femme enceinte et son compagnon, un magicien, une gamine aux cheveux blancs un peu voyante, une sage-femme et, enfin, un conteur estropié.

Tout au long du roman, le lecteur assiste à la constitution de cette compagnie et découvre peu à peu l’histoire de chacun de ses membres. Du moins ce que chacun veut bien avouer aux autres.

Karen Maitland fait monter la pression au fil du livre en mettant sur leurs traces l’épidémie de peste, et aussi la découverte par les membres de la compagnie des vérités sur chacun des autres membres.

Suspense? Thriller? La compagnie des menteurs est un peu de tout ça, mais c’est avant tout un roman historique oppressant. L’auteur met les croyances moyenâgeuses au centre de cette histoire. Le travail de documentation est énorme et on découvre tout un pan de l’histoire de l’Angleterre en lisant cette fuite hors de portée de la peste.

L’auteur : Karen Maitland est née en 1956. Elle vit en Angleterre, dans le Norfolk. La Compagnie des menteurs a été son premier roman publié en France.

La compagnie des menteurs, Karen Maitland, Sonatine, 456 pages, 22 €.

L’affaire Perceval, Pascal Martin

L'affaire Perceval

 

Perceval est au top, adulé, reconnu, jalousé ! La Grande Tchatche, son émission en prime time, est un succès colossal. Le public adore, l’audimat est au sommet, la productrice est comblée… Pourtant, quelqu’un veut la peau de Perceval et s’acharne sur lui. Pourquoi ? Pauvre clown effrayé sur la piste du grand cirque médiatique, Perceval se voit contraint de quitter la scène et de prendre la fuite. Mais son persécuteur le traque. Perceval, pétrifié, découvre alors que la télé réalité est devenue pour lui… réalité. Il est au bord du gouffre mais ne veut pas être éliminé, quitter les sunlights et sortir du jeu. Ce serait pire que mourir ! Alors à l’heure des fake news, du complotisme et de la victimisation triomphante, il n’a plus qu’une seule solution pour survivre : se lancer dans le vide.

Mon avis

Ce roman noir de Pascal Martin nous emporte au pays de la lucarne magique : la télé. Plus particulièrement de ces émissions à audimat qui font et défont des carrières. Aussi bien celles de leurs animateurs que celles de ceux qui y passent.

Spécialisé dans l’ironie et dans “l’abattage” des puissants, Perceval est à son tour la cible d’ennemis bien décidés à le rayer des programmes télé.

Efficace, L’affaire Perceval ne fait pas dans la dentelle, et Pascal Martin va droit au but en démontant les mécanismes de la télévision. Star aujourd’ui, star déchue demain, Perceval sait bien qu’une carrière télévisuelle est bien peu de choses ; sa dégringolade du paysage audiovisuel vaut sont pesant d’or. Roman noir de la télévision, L’affaire Perceval rappelle au lecteur combien les déceptions peuvent être cruelles au pays des écrans plats.

L’affaire Perceval, Pascal Martin, Jigal Polar, 256 pages, 18€.