La prophétie de Langley, Pierre Pouchairet

La prophétie de Langley, Pierre Pouchairet, Jigal Polar
La prophétie de Langley, Pierre Pouchairet, Jigal Polar

Résumé : Trader d’une des plus prestigieuses banques françaises, Ludovic d’Estre brasse chaque jour des millions d’euros… Issu de la bourgeoisie versaillaise, la vie a toujours souri à ce surdoué de la finance. Mais tout va basculer lorsque avec Reda Soulami, son fidèle collaborateur, Ludovic va s’intéresser à une transaction douteuse… Un délit d’initié ? Peut-être pire ! Très vite suspecté de meurtre, Reda, un enfant des cités qui pensait avoir définitivement tourné la page, se retrouve en première ligne d’une effrayante machination qui le dépasse complètement et menace des milliers de vies ! Au milieu du marigot politique habituel, seule Johana, la flic qui mène l’enquête, semble croire à l’innocence de Reda. S’engage alors une infernale course contre la montre pour éviter l’horreur

 

Mon avis

Pierre Pouchairet frappe une nouvelle fois très fort avec ce thriller aux frontières de la finance et du terrorisme. On referme ce livre avec des frissons. Et si ça pouvait arriver? L’auteur imagine cette intrigue réaliste qui montre ce qui pourrait arriver si terroristes, financiers avançaient main dans la main.
Ce qui est de bien dans les romans de Pierre Pouchairet, c’est qu’il colle au réel. On pourrait penser que ces romans sont adaptés de rapports de police, de rapports scientifiques… Cependant, il n’oublie jamais de développer les caractères de ses personnages. Si bien qu’à chaque nouveau roman, on se demande s’il va y avoir une suite, avec les mêmes personnages.

Un lecture recommandée.

Jigal polar, 277 pages, 19 €

Marquée à vie, Emelie Schepp

Résumé : Nörrkoping, l’hiver.

Marquée à vie. Emelie Schepp. Harper Collins Noir
Marquée à vie. Emelie Schepp. Harper Collins Noir

La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables…

Dans l’univers d’Emelie Schepp, le Nord ressemble moins à un tableau mélancolique qu’à un conte cruel d’Andersen.
Son héroïne n’est pas si éloignée d’une Reine des neiges contemporaine à qui l’on aurait planté dans le cœur un éclat de glace. Mais, à la différence de son modèle, Jana Berzelius interpelle et captive par le paradoxe qui la construit. Avec cette héroïne aux deux visages, qu’on n’attendrait pas dans un rôle de procureur,
Marquée à vie est plus qu’un thriller qui s’achève par la résolution d’un meurtre. Il entraîne le lecteur dans l’enquête d’une femme sur elle-même, sa traque de la petite fille qu’elle a été.

L’auteur: 

Née en Suède, à Motala, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus, comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec Marquée à vie, le premier volume de sa série « Jana Berzelius ». Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, cette trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède.

 

Mon avis : 

Avec ce roman, Emelie Schepp fait une belle entrée dans le monde du thriller. Ses personnages sont très réalistes et l’ambiance générale du roman convaincante. Une belle découverte.

 

Harper Collins Noir, 18,90€

Rencontre avec Mallock : le polar droit au cœur

Mallock est le nom de plume de Jean-Denis Bruet-Ferreol, écrivain, musicien, peintre… Mallock est aussi le nom du héros récurrent de ses romans : le commissaire Amédée Mallock.

 
L’année 2014 a été, sans conteste, l’année Mallock avec la parution des Larmes de Pancrace, chez Fleuve noir, et la réédition de ses deux premiers romans chez Pocket : Les visages de dieu et Le massacre des innocents.mallock visages de dieu
Les amateurs de romans policiers bien ficelés ont été comblés. Car la plume de Mallock est bel et bien inimitable. Les intrigues qu’il concocte sont tortueuses à souhait et ne laissent aucun répit au lecteur. Si bien que l’on se retrouve plongé dans ses romans sans avoir la possibilité de refermer le livre avant la fin. Mallock, c’est aussi un style qui fait mouche, précis, net, mais plein de poésie et de cette délicatesse que l’on trouve peu dans les romans policiers. Un roman de Mallock, c’est un peu comme une confiserie délicieusement empoisonnée. Rencontre avec un auteur aussi agréable à lire qu’à rencontrer. 

La nouvelle édition de Massacre des innocents est parue en septembre 2014. Elle suivait la réédition, en mai, de ton premier roman Les visages de dieu, peux-tu revenir sur la genèse de ce roman ?
La nouvelle édition de Massacre des innocents, comme cela a été le cas pour la

Mallock, écrivain, musicien, peintre… créateur de Mallock, commissaire bourru, très attachant, à découvrir.
Mallock, écrivain, musicien, peintre… créateur de Mallock, commissaire bourru, très attachant, à découvrir.

première « Chronique barbare », Les Visages de Dieu, a été pour moi l’occasion de tout un travail de mise à jour du roman. Outre les repentirs et la mise à jour de certains éléments suite à l’écriture des tomes suivants, j’aime à profiter de ces sorties en poche pour faire à mes lecteurs (souvent également des personnes qui le rachètent pour le relire) des surprises. Le grand format est alors très légèrement « raboté » pour lui donner encore plus de pertinence et de rapidité, comme un modèle de voiture de course dont on retravaillerait l’aérodynamisme. Puis je rajoute des scènes qui, soit me sont venues après, soit avaient été mises de côté pour ne pas trop allonger le livre. On est alors assez proche de la « Director’s cut » dont on parle au cinéma. Par exemple et pour être plus clair : dans le Massacre qui sort chez Pocket, il y aura, notamment, toute une série de chapitres concernant une piste non évoquée lors du grand format : « Le Mal des Ardents »!

C’est le deuxième roman de Mallock (aussi bien l’écrivain que le personnage). Avais-tu dans l’idée dès l’écriture des Visages de Dieu d’en faire une série avec le commissaire?
Avais-je tout prémédité ? Oui, votre honneur. Dès le tout premier livre, le concept de chronique barbare préexistait. L’ennéalogie était alors septologie. Le prochain grand format sera le numéro 5, donc le centre de l’oeuvre. Les « Chroniques barbares » forment un tout, une tentative d’écrire une « Comédie (in)humaine » sous le mode policier, décrivant les différentes raisons et facettes que peut prendre le mal chez l’Homme et qui le conduise inéluctablement à la barbarie. Mais, chacun de ces « thrillers baroques » est écrit indépendamment de la série, chaque histoire étant parfaitement autonome, afin de pouvoir être lu dans n’importe quel ordre.

Dès les Visages, le lecteur entre directement dans l’histoire de Mallock : la tragédie de la perte de son fils… As-tu déjà pensé à revenir sur cet événement dans un roman ? Je pense notamment à Indridason qui a écrit un roman sur les débuts de Erlendur Sveinsson, son personnage récurrent, ou encore à Wallander, de Henning Mankell.

En effet, si le temps m’est donné, j’ai prévu, non pas un mais trois livres, une trilogie-préquelle, que j’écrirai à la fin des neuf tomes. Le dernier des trois romans se Mallock massacre innocentsterminant par Mallock revenant des États-Unis et apprenant de la bouche de son supérieur, la mort de Thomas, ce qui raccroche l’ensemble au roman Les visages de Dieu. Donc 12 livres en tout.

Tes premiers romans n’ont jamais été publiés ?
J’ai en effet trois romans terminés que je n’ai pas voulu envoyer aux éditeurs. Trop… « exigeants », ils ne seront éditables que si mon nom en est le garant commercial.

Avant les Visages, j’ai écrit une bonne demi-douzaine de livres, mais je ne les trouvais pas assez aboutis, et c’est bien les Visages qui ont été mon premier envoi aux éditeurs. Cinq éditeurs, trois réponses favorables : j’ai choisi Le Seuil. En 2008, j’ai racheté mes droits. En 2012, Pocket est tombé dessus et m’a fait signé un contrat pour les Visages mais aussi pour le Massacre, parallèlement, je signais avec eux un contrat pour les suivants en grands formats.
Les Visages sont sortis en italien en septembre 2014, puis seront publiés aux États-Unis et en Angleterre en anglais au printemps 2015. J’ai présenté ma « septologie » dont Le cimetière des hirondelles déjà traduit, en juillet dernier à Londres.

Comment es-tu venu à l’écriture ?
Il ne me semble pas y être venu, j’ai l’impression d’y être né. Depuis les tous premiers cours de français à l’école, et les rédactions. À 20 ans, j’avais terminé mon premier roman (détruit, brûlé et mangé depuis). Et je n’ai jamais arrêté. Matin et soir, tous les jours…

Tu peins, tu fais de la musique, tu écris… Comment trouves-tu le temps pour toutes ces activités ?
Je ne peux pas m’en empêcher. C’est une sorte de maladie, ou plutôt, comme dirait Bradbury: « Un remède à la mélancolie ». Si je ne créé pas, je dépéris. Quant au temps qu’il faut dégager, ce n’est pas un problème, on en perd beaucoup devant des écrans futiles. Et puis, la seule chose importante, c’est l’énergie ! Et/ ou la motivation. Ce sont là des moteurs essentiels, bien plus que le talent. Ça, et une petite folie intérieure.

Y a-t-il des auteurs qui t’ont influencé ?
Il me faut préciser que je ne lis plus depuis une bonne vingtaine d’années. « Lire ou écrire, il faut choisir », c’est un problème de temps. Cependant, je peux citer, dans mes influence d’avant, Céline, bien entendu, Lovecraft, Albert Cohen, Bradbury, Jean Ray, Edgar Poe et, dans le genre qui nous intéresse : Thomas Harris.

Comment trouves-tu tes idées ? Et comment les travailles-tu?
Tant que je n’ai pas trouvé une idée, vraiment originale, « l’Idée » pleine de potentiel, passionnante et surprenante, je ne commence pas. C’est une recherche permanente. Une fois trouvée et « maturée » en cave pendant trois à cinq ans, je commence à en tirer un plan général, lui aussi soumis à l’épreuve de la « mise en garde ». Puis vient l’année du plan détaillé et des recherches. Suivie de l’année d’écriture, puis d’un an de relecture (3 versions) pendant laquelle je «hante» le livre, et le charge de tous les maléfices possibles !

 

Mallock, écrivain, musicien, peintre… créateur de Mallock, commissaire bourru, très attachant, à découvrir.

Les disparus du phare, Peter May

Rejeté par les vagues, un homme reprend connaissance sur une plage. disparus du phareTétanisé par le froid, le cœur au bord des lèvres, frôlant dangereusement le collapsus. Il ignore où il se trouve et surtout qui il est ; seul affleure à sa conscience un sentiment d’horreur, insaisissable, obscur, terrifiant.
Mais si les raisons de sa présence sur cette île sauvage des Hébrides balayée par les vents lui échappent, d’autres les connaissent fort bien. Alors qu’il s’accroche à toutes les informations qui lui permettraient de percer le mystère de sa propre identité, qu’il s’interroge sur l’absence d’objets personnels dans une maison qu’il semble avoir habitée depuis plus d’un an, la certitude d’une menace diffuse ne cesse de l’oppresser.
Muni, pour seuls indices, d’une carte de la route du Cercueil qu’empruntaient jadis les insulaires pour enterrer leurs morts, et d’un livre sur les îles Flannan, une petite chaîne d’îlots perdus dans l’océan marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, de trois gardiens de phare, il se lance dans une quête aveugle avec un sentiment d’urgence vitale.

Revenant à l’île de Lewis où il a situé sa trilogie écossaise, Peter May nous emporte dans la vertigineuse recherche d’identité d’un homme sans nom et sans passé, que sa mémoire perdue conduit droit vers l’abîme.
Thriller efficace, Les disparus du phare entraîne le lecteur un peu plus loin dans la prise de conscience de la fragilité de la faune sauvage. Sans dévoiler l’intrigue, Peter May pose des questions auxquelles il faut déjà prendre conscience avant de pouvoir tenter d’y apporter une réponse.

Mör, Johana Gustawsson

4e de couverture Mör: adj. fém. En suédois, signifie «tendre». S’emploie pour parler de la viande. Falkenberg, 16 juillet 2015. Sur les rives d’un lac, on retrouve le cadavre affreusement dépecé d’une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputés de plusieurs kilos de chair. …

Pierre Pouchairet Prix du Quai des Orfèvres 2017

Pierre Pouchairet a reçu le Prix du Quai des Orfèvres 2017 pour son roman Mortels trafics (Fayard).

Le jury de ce prix (policiers, magistrats, avocats, journalistes et d’un réalisateur) récompense chaque année le meilleur roman policier sur manuscrit anonyme.

Félicitations à Pierre, dont on a pu lire sur ce blog une interview à l’occasion de la parution de La filière afghane, chez Jigal.

Le Cri, Nicolas Bleuglet

Résumé de l’éditeur :  Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre… …

Un auteur au service d’un mercenaire : rencontre avec Fabien Cerutti

Fabien Cerutti est l’auteur d’une épopée romanesque mêlant habilement Histoire de France et fantasy. Son héros, Pierre Cordwain de Kosigan, fait désormais partie de la lignées des personnages incontournables de la littérature de l’imaginaire.
 Fabien Cerutti est agrégé d’histoire et enseigne en région parisienne. Il passe une partie de sa jeunesse …