Les enfants de Lazare, Nicolas Zeimet

(C) E. FLEURY

Résumé de l’éditeur

« Je m’appelle Agathe, avait-elle annoncé avant de s’asseoir sur une machine. Je suis la chanteuse des laveries… ». Tout commence quand Pierre Sanak, journaliste reporter d’images à France Télévisions, croise par hasard cette jeune artiste un peu fantasque et très énigmatique. D’origine cambodgienne, Agathe a été adoptée, vit à Paris, ne se sépare jamais de sa guitare et semble errer entre plusieurs mondes… Pierre en tombe immédiatement amoureux. Apprenant en conférence de rédaction l’incroyable nouvelle de la résurrection momentanée de Sokhom, un jeune Cambodgien qui aurait vécu une expérience de mort imminente, Pierre ne peut s’empêcher de tisser un lien ténu avec l’histoire d’Agathe… Le journaliste s’envole aussitôt pour une semaine de folles investigations à Siem Reap et dans la jungle d’Angkor où, bien après le génocide, le tourisme des orphelinats semble perdurer. Une dangereuse course contre la montre s’engage alors. Pierre parviendra-t-il à découvrir le secret d’Agathe ?

Imaginez des villages d’un autre temps noyés dans l’eau stagnante, une marmite dantesque où des enfants au sourires charmeurs se disputeraient un folklore de carte postale avec les éléphants et où des touristes perchés en haut de montagnes de grès sculpté poseraient  aux côtés de lions imposants et de créatures mi-hommes mi-serpent.

Mon avis

Si vous n’avez pas envie de visiter le Cambodge après avoir lu ce roman, c’est que vous avez sauté pas mal de pages. Si vous n’avez pas encore compris comment fonctionne l’adoption internationale dans certains pays asiatiques, notamment au Cambodge, c’est que vous avez sauté quelques pages supplémentaires, voire les mêmes. Autrement dit, c’est que vous avez totalement loupé ce grand roman !
On s’attache à Pierre, à Agathe, et on le suit au Cambodge où l’enquête qu’il mène colle au plus près la réalité.
Nicolas Zeimet signe ici LE roman de l’année 2018 pour les éditions Jigal. Tout simplement.
Il ficelle une intrigue digne des plus grands, avec du suspense, de l’action ; il colle à l’actualité.

Nicolas Zeimet possède une écriture fluide et un style très clair, totalement au service de l’intrigue, qui rendent son roman particulièrement agréable à lire.

Agathe avait vécu avec la mort, cette compagne inéluctable, pendant la majeure partie de sa vie. À la fin, elle s’était résolue à  la rejoindre.

Nicolas Zeimet a reçu le Prix Dora-Suarez 2018 pour son roman précédent : Retour à Duncan’s Creek.

Les enfants de Lazare, Nicolas Zeimet, Jigal Polar, 296 pages, 19 €

Gwendy et la boîte à boutons, par Stephen King et Richard Chizmar

Résumé

Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.

La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n’a-t-il pas sa contrepartie ?

Est-ce que c’est ça, ma vie, maintenant? songe-t-elle en pénétrant dans le gymnase de Castle Rock. Est-ce que cette boîte est devenue toute ma vie?

Mon avis

Stephen King est un habitué des nouvelles. On se souvient de ses nombreux recueils aux textes parfois inégaux. Mais souvent, quand il s’associe à un autre écrivain, cela donne des étincelles.

L’histoire de Gwendy est classique dans l’univers de Stephen King : une jeune fille confrontée au surnaturel. C’est dans son développement que l’histoire trouve son originalité.

Et cette histoire de boîte à boutons est explosive.

Gwendy et la boîte à boutons, Stephen King et Richard Chizmar, Le Livre de Poche, inédit,  5,99 €.

Édition illustrée dont 4 illustrations inédites.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel.

Le dernier festin, de Fabio M. Mitchelli

Fabio M. Mitchelli s’inspire des pires tueurs en série pour écrire ses romans.
Un mélange détonant !

Résumé de l’éditeur

Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises… Elle va se remémorer les heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son meurtrier. Des indices portent à croire qu’un tueur, recherché par la police depuis des années serait dans la région…

L’auteur

Fabio M. Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques inspirés de faits réels.
Il a signé La trilogie des verticales parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou, le premier opus de ce singulier triptyque, a été classé dans le top trois des romans les plus téléchargés sur le territoire français en 2011 aux côtés de David Foenkinos.
Fabio M. Mitchelli se consacre désormais à l’écriture de true crime et thrillers psychologiques.
La compassion du diable, paru aux éditions Fleur Sauvage en octobre 2014 a reçu le Prix du polar Dora-Suarez 2015. Il a également été finaliste du prix polar Saint-Maur en poche 2016, et finaliste du prix polar poche de Moustiers 2016.

Il se trompe lourdement. Il y a onze ans, le diable était bien sur Terre et c’était en France qu’il faisait sa petite cuisine.

Mon avis

Le Dernier festin est la réédition en un volume de la Trilogie des Verticales (La verticale du fou, À la verticale des enfers, La verticale du mal – Le dernier festin) qui était indisponible jusqu’à ce que les éditions French Pulp aient la bonne idée de rééditer l’ensemble en un seul volume.

Plusieurs histoires, plusieurs personnages s’entre-mêlent dans ce roman. Fabio M. Mitchelli est, on le sait, un spécialiste des tueurs en série et il s’inspire de leurs histoires pour les adapter en roman.
Les fidèles lecteurs de l’auteur retrouveront donc son univers particulier : mélange de thriller, de psychologie et d’horreur. Fabio M. Mitchelli ne fait pas dans la dentelle, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce dernier festin, ravira les amateurs de fantastique, de thriller et de gore.
Ce dernier festin tient plutôt de l’orgie que de la Cène.
Se présentant sous la forme d’une symphonie, les différents mouvements rythment le déroulement de l’action. Fabio M. Mitchelli entraîne le lecteur dans une histoire cruelle et addictive. 

Il lui fallait faire ce qu’il avait toujours fait : faire comme le diable, laisser croire qu’il n’était qu’une légende et qu’il n’existait pas

Le dernier festin, Fabio M. Mitchelli, French Pulp éditions, 382 pages, 18,00€

L’assassin de ma soeur, Flynn Berry

Résumé de l’éditeur

Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

Rachel ne m’attend pas sur le quai. Rien d’inhabituel. Ses horaires à l’hôpital la font souvent finir tard le soir.

Mon avis

 

Chaque week-end, Nora se rend en train chez sa sœur Rachel, dans une ancienne ferme, près de Londres.
Malheureusement, ce week-end-là, en y arrivant, Nora va découvrir le cadavre de Rachel en arrivant.
Commence alors pour elle une période difficile durant laquelle elle va devoir faire de deuil de cette sœur avec qui elle avait un secret. Ce secret se révèle être de plus en plus lourd à porter. Si bien que Nora va osciller de doutes en désillusion, jusqu’à la fin du roman. 
Le lecteur est emporté dans cet entre-deux, où Nora ne maîtrise pas l’enquête, et il découvrira au fil de l’histoire le récit inextricablement lié des deux sœurs.
Ce qui m’a paru intéressant dans ce premier roman, c’est le contre-pied utilisé par Flynn Berry pour traiter ce thriller psychologique : au lieu d’une enquête classique, c’est par le biais d’un personnage que le lecteur suit le fil de l’enquête. On découvre aussi en filigrane la vie de ces deux sœurs et le secret qui les liait. En somme un bon premier roman qui laisse entrevoir de belles perspectives.

 

Rachel n’est pas dans le Telegraph. Ni dans L’Independant, le Sun, le Guardian, le Daily Mail. Si aucun quotidien national n’en parle, alors ça n’est peut-être pas arrivé ?

L’assassin de ma sœur, Flynn Berry, Presses de la Cité, traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Malfoy, 272 pages, 20,90€.

Stavros, Sophia Mavroudis

(c) E.F.
« Stavros a traversé la ville en pestant contre les gaz d’échappements, les klaxons, la circulation. »

Résumé de l’éditeur

Athènes, à l’aube… Un morceau de la frise du Parthénon a disparu et le cadavre d’un archéologue gît au pied de l’Acropole. Le passé du commissaire Stavros Nikopolidis vient de ressurgir violemment ! En effet, quelques années auparavant, sa femme Elena – alors responsable des fouilles archéologiques – disparaissait mystérieusement au même endroit. Depuis, Stavros n’est plus que l’ombre de lui-même…
Mais aujourd’hui les signes sont là. Rodolphe, le probable meurtrier, son ennemi de toujours, est revenu… Stavros, véritable électron libre, impulsif, joueur invétéré de tavli et buveur impénitent, n’a plus que la vengeance en tête !
Flanqué de ses plus fidèles collègues – Dora, ancienne des forces spéciales, Eugène le hacker et Nikos l’Albanais –, soutenu par son amie Matoula, tenancière de bar au passé obscur, et malgré l’étrange inspecteur Livanos, Stavros va enfin faire sortir de l’ombre ceux qui depuis tant d’années pourrissent sa ville ! Mais la vie révèle parfois bien des surprises…

Stavros est issu d’une famille d’intellectuels de gauche marquée au fer rouge par les aléas de l’histoire nationale et les rêves avortés »

Mon avis

Athènes… Ville touristique s’il en est, et berceau de la démocratie. On imaginerait volontiers cette cité paisible, même après la terrible crise économique et les épreuves que subissent encore les Grecs.
Mais non, la police veille et doit constituer le dernier rempart face aux malfaiteurs.
Après la dictature, la crise est passée par là et le pays essaie tant bien que mal de se remettre sur pieds. Longtemps pillée par les autres pays occidentaux pour ses oeuvres d’art, la Grèce est aujourd’hui bien consciente des richesses qu’elle possède et c’est dans ce cadre que Sophia Mavroudis place le décor de son roman.
Stavros doit enquêter sur le meurtre d’un archéologue et la disparition d’une fresque du parthénon. Cette enquête le replonge dix ans plus tôt lors de la disparition de son épouse, la mère de son fils d’aujourd’hui âgé de dix ans. Ne bravant aucun interdit, Stavros va tout faire pour retrouver Rodolphe, son ennemi de toujours.
Sophia Mavroudis fait de ce roman policier une ode à la ville d’Athènes et à ses habitants. Mais c’est aussi un roman bien noir dont le héros fait inévitablement penser à Adamsberg et Mallock. C’est dire les références. Stavros est un beau coup de maître pour un premier roman.
À découvrir d’urgence en attendant les suivants…

Stavros, petit-fils de résistant ayant fait la guerre civile du côté des perdants et fils d’une victime de la dictature des colonels, méprise les conventions, le statut social et l’argent.

Stavros, Sophia Mavroudis, Jigal Polar, 240 pages, 17,50€ .

L’Irlandais – Maurice Gouiran

« Depuis le début des temps, les nationalismes et les guerres de religion étaient à l’origine des grandes catastrophes humaines et des plus beaux massacres… En Irlande du Nord, on avait fait fort en réussissant à conjuguer les deux causes essentielles! »

Résumé de l’éditeur

L'Irlandais, Maurice Gouiran. Jigal Polar.
« Depuis le début des temps, les nationalismes et les guerres de religion étaient à l’origine des grandes catastrophes humaines et des plus beaux massacres… En Irlande du Nord, on avait fait fort en réussissant à conjuguer les deux causes essentielles! »

Lorsqu’on découvre le peintre Zach Nicholl, le crâne fracassé dans son atelier marseillais, son ami Clovis n’a qu’une pensée en tête : aider Emma, en charge de l’enquête, à retrouver l’assassin ! Zach s’était illustré dans le street art avant de devenir bankable et de fuir Belfast vingt ans plus tôt. C’est donc en Irlande du Nord que Clovis va chercher ce qui se cache derrière ce crime. Zach était l’un des artistes républicains auteurs des célèbres murals, ces peintures urbaines, outils de mémoire et de propagande. Mais pourquoi avait-il quitté son pays juste au lendemain des accords de paix de 1998 ? Ce sont des femmes, étonnantes et déterminées, toutes liées à Zach – Aileen, son épouse, Ghetusa, la veuve ad vitam æternam de son frère, et Breena, combattante féministe au sein de l’IRA – qui donneront peut-être à Clovis les premiers indices…

Mon avis

Nouveau roman de Maurice Gouiran avec Clovis Narigou, journaliste, éleveur de chèvres et grand séducteur devant l’éternel.

Apprenant la mort de l’Irlandais, Zach Nicholl, artiste peintre installé à Marseille pour fuir les Troubles de l’Irlande du Nord., il décide de prêter ses services de « fouineur » à Emma pour résoudre ce meurtre. Car aucun doute, l’Irlandais a bien été assassiné. 

Reprenant l’histoire de l’Irlandais, Maurice Gouiran lance Clovis dans un voyage en Irlande du Nord, où il a déjà enquêté. Là-bas, égal à lui-même, Clovis séduira et fera ressurgir aussi des secrets enfouis.

Maurice Gouiran montre bien comment depuis 1969 l’Irlande du Nord est coupée en deux et comment, aujourd’hui encore, malgré la paix, il y a toujours deux ennemis qui essayent de vivre le mieux qu’il peuvent, sans éviter parfois les heurts. 

« Une histoire d’amour au parfum d’Irlande, ce pays indocile et rude que j’avais dans la tête et dans le cœur. Cette terre peuplée de légendes, de guerre, de misères et de créatures fantastiques (…). »

Jigal Polar, 240 pages, 18,50€

Le festin de l’aube, Janis Otsiemi

Résumé de l’éditeur

Le festin de l'aube, Janis Otsiemi
Flics et gendarmes doivent s’épauler pour tenter de déjouer la conspiration.

En pleine nuit et sous une pluie tropicale, une femme surgie de nulle part vient se jeter sous les roues de la voiture du lieutenant Boukinda. Bouleversé par ce tragique accident, il veut savoir d’où sort cette inconnue, d’autant que son décès semble plutôt suspect…

Au même moment, à quelques kilomètres de là, plusieurs individus pénètrent dans un camp militaire et s’emparent de nombreuses armes et d’un stock d’explosifs. Plus tard, c’est dans une ville en ébullition, gangrénée par la violence et la pauvreté, qu’un braquage sanglant transforme le quartier en zone de guerre… Les forces de sécurité, en alerte maximum, sont à la recherche de truands visiblement déterminés. Et c’est tout à fait par hasard que ces deux affaires, apparemment sans aucun rapport, vont se télescoper et révéler un terrible complot… Sur fond de haine, de repli identitaire et de crise électorale, flics et gendarmes vont alors devoir s’épauler pour tenter de déjouer cette conspiration…

L’auteur

Janis Otsiemi est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon où il a reçu en 2001 le Prix du Premier Roman gabonais.

 

Mon avis

Une nouvelle fois, Janis Otsiemi délocalise le roman policier au Gabon. Entremêlant les enquêtes des policiers et des gendarmes, il développe une intrigue complexe sur fond de crise politique. L’Afrique est là, dans ce roman dynamique, la francophonie est aussi bien là. Et c’est un bonheur de lire ce français « d’ailleurs » si riche.

Janis Otsiemi est un auteur à suivre. Ses nombreux romans montrent un écrivain puissant qui, au fil de son écriture, explore les limites et les fractures de la société gabonaise.

 

Note bene: Pour les curieux de la francophonie, il existe un petit livre, Casse-moi l’os (Le livre de poche, 2017, 5,30 €), qui passe en revue 180 expressions que l’on utilise du Cameroun au Québec, d’Haïti au Luxembourg, en passant par la Suisse, la Belgique, la France, la Côte-d’Ivoire et les Antilles.

Les Bracas, de Dylan Pelot

Résumé (source éditeur) Sacha a deux passions : les séries Z et ses effets spéciaux monstrueux, réalisés dans le garage sur fond de hard-rock, avec sa

Les Bracas, de Dylan Pelot
Les Bracas, de Dylan Pelot

bande. Ses potes, c’est toute sa vie. Il y a Pilpoil, Zinzin, P’tit Ji, Fox et Taquet. Les inséparables Bracas, connus pour leur imagination fulgurante… telle la météorite qui a jadis fendu le ciel vosgien, au-dessus de leur village.
L’hiver sera consacré à leur court-métrage, un film d’horreur qui doit marquer les esprits. Mais bientôt des forces surnaturelles se manifestent et Sacha perd pied : sa maison est visitée en son absence, des objets changent de place, on touche aux toiles de son père décédé…
Les regards se tournent alors vers Milo, l’Italien qui vit reclus avec son chien-loup à l’orée des bois.

L’auteur

Dylan Pelot était illustrateur, plasticien, musicien et écrivain. Diplômé des Beaux-Arts, il enseignait en qualité de professeur ès monstres à Nancy, où il avait sa résidence artistique. Il a publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse, en tant qu’illustrateur et auteur. Pendant plus de dix ans, il s’est consacré à l’étude du cinéma dit « bis ». Les éditions Fluide Glacial ont publié le résultat de ses travaux, Les Grands Succès du cinéma introuvable, un extraordinaire florilège d’affiches de films réinventés.

Foudroyé en janvier 2013 par une attaque cérébrale, Dylan Pelot est décédé à 44 ans, laissant dans les mémoires le souvenir d’un virtuose d’une sensibilité et d’une gentillesse inégalables.

Mon avisTouche à tout de génie, Dylan Pelot a signé un roman épique, une sorte de « goonies » français bien réussi. Le style de D. Pelot et l’histoire sont tellement universels, qu’on a tous été, un jour ou l’autre, dans une bande de Bracas, écoutant du hard rock, aimant les films d’horreur et prêts à croire à toute histoire fantastique.

C’est toute une époque aujourd’hui disparue : celle des VHS, des walk-man, les groupes de hard-rock des années 1980, notamment Metallica dont c’était le début de la carrière.

Parfois un peu brouillonne, l’histoire est à l’image de ces ados bouillonnants.

Une très belle lecture.

Bragelonne, 380 pages, 20 euros.

Marquée à vie, Emelie Schepp

Résumé : Nörrkoping, l’hiver.

Marquée à vie. Emelie Schepp. Harper Collins Noir
Marquée à vie. Emelie Schepp. Harper Collins Noir

La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables…

Dans l’univers d’Emelie Schepp, le Nord ressemble moins à un tableau mélancolique qu’à un conte cruel d’Andersen.
Son héroïne n’est pas si éloignée d’une Reine des neiges contemporaine à qui l’on aurait planté dans le coeur un éclat de glace. Mais, à la différence de son modèle, Jana Berzelius interpelle et captive par le paradoxe qui la construit. Avec cette héroïne aux deux visages, qu’on n’attendrait pas dans un rôle de procureur,
Marquée à vie est plus qu’un thriller qui s’achève par la résolution d’un meurtre. Il entraîne le lecteur dans l’enquête d’une femme sur elle-même, sa traque de la petite fille qu’elle a été.

L’auteur: 

Née en Suède, à Motala, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus, comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec Marquée à vie, le premier volume de sa série « Jana Berzelius ». Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, cette trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède.

 

Mon avis : 

Avec ce roman, Emelie Schepp fait une belle entrée dans le monde du thriller. Ses personnages sont très réalistes et l’ambiance générale du roman convaincante. Une belle découverte.

 

Harper Collins Noir, 18,90€

Rencontre avec Mallock : le polar droit au cœur

Mallock est le nom de plume de Jean-Denis Bruet-Ferreol, écrivain, musicien, peintre… Mallock est aussi le nom du héros récurrent de ses romans : le commissaire Amédée Mallock.

 
L’année 2014 a été, sans conteste, l’année Mallock avec la parution des Larmes de Pancrace, chez Fleuve noir, et la réédition de ses deux premiers romans chez Pocket : Les visages de dieu et Le massacre des innocents.mallock visages de dieu
Les amateurs de romans policiers bien ficelés ont été comblés. Car la plume de Mallock est bel et bien inimitable. Les intrigues qu’il concocte sont tortueuses à souhait et ne laissent aucun répit au lecteur. Si bien que l’on se retrouve plongé dans ses romans sans avoir la possibilité de refermer le livre avant la fin. Mallock, c’est aussi un style qui fait mouche, précis, net, mais plein de poésie et de cette délicatesse que l’on trouve peu dans les romans policiers. Un roman de Mallock, c’est un peu comme une confiserie délicieusement empoisonnée. Rencontre avec un auteur aussi agréable à lire qu’à rencontrer. 

La nouvelle édition de Massacre des innocents est parue en septembre 2014. Elle suivait la réédition, en mai, de ton premier roman Les visages de dieu, peux-tu revenir sur la genèse de ce roman ?
La nouvelle édition de Massacre des innocents, comme cela a été le cas pour la

Mallock, écrivain, musicien, peintre… créateur de Mallock, commissaire bourru, très attachant, à découvrir.
Mallock, écrivain, musicien, peintre… créateur de Mallock, commissaire bourru, très attachant, à découvrir.

première « Chronique barbare », Les Visages de Dieu, a été pour moi l’occasion de tout un travail de mise à jour du roman. Outre les repentirs et la mise à jour de certains éléments suite à l’écriture des tomes suivants, j’aime à profiter de ces sorties en poche pour faire à mes lecteurs (souvent également des personnes qui le rachètent pour le relire) des surprises. Le grand format est alors très légèrement « raboté » pour lui donner encore plus de pertinence et de rapidité, comme un modèle de voiture de course dont on retravaillerait l’aérodynamisme. Puis je rajoute des scènes qui, soit me sont venues après, soit avaient été mises de côté pour ne pas trop allonger le livre. On est alors assez proche de la « Director’s cut » dont on parle au cinéma. Par exemple et pour être plus clair : dans le Massacre qui sort chez Pocket, il y aura, notamment, toute une série de chapitres concernant une piste non évoquée lors du grand format : « Le Mal des Ardents »!

C’est le deuxième roman de Mallock (aussi bien l’écrivain que le personnage). Avais-tu dans l’idée dès l’écriture des Visages de Dieu d’en faire une série avec le commissaire?
Avais-je tout prémédité ? Oui, votre honneur. Dès le tout premier livre, le concept de chronique barbare préexistait. L’ennéalogie était alors septologie. Le prochain grand format sera le numéro 5, donc le centre de l’oeuvre. Les « Chroniques barbares » forment un tout, une tentative d’écrire une « Comédie (in)humaine » sous le mode policier, décrivant les différentes raisons et facettes que peut prendre le mal chez l’Homme et qui le conduise inéluctablement à la barbarie. Mais, chacun de ces « thrillers baroques » est écrit indépendamment de la série, chaque histoire étant parfaitement autonome, afin de pouvoir être lu dans n’importe quel ordre.

Dès les Visages, le lecteur entre directement dans l’histoire de Mallock : la tragédie de la perte de son fils… As-tu déjà pensé à revenir sur cet événement dans un roman ? Je pense notamment à Indridason qui a écrit un roman sur les débuts de Erlendur Sveinsson, son personnage récurrent, ou encore à Wallander, de Henning Mankell.

En effet, si le temps m’est donné, j’ai prévu, non pas un mais trois livres, une trilogie-préquelle, que j’écrirai à la fin des neuf tomes. Le dernier des trois romans se Mallock massacre innocentsterminant par Mallock revenant des États-Unis et apprenant de la bouche de son supérieur, la mort de Thomas, ce qui raccroche l’ensemble au roman Les visages de Dieu. Donc 12 livres en tout.

Tes premiers romans n’ont jamais été publiés ?
J’ai en effet trois romans terminés que je n’ai pas voulu envoyer aux éditeurs. Trop… « exigeants », ils ne seront éditables que si mon nom en est le garant commercial.

Avant les Visages, j’ai écrit une bonne demi-douzaine de livres, mais je ne les trouvais pas assez aboutis, et c’est bien les Visages qui ont été mon premier envoi aux éditeurs. Cinq éditeurs, trois réponses favorables : j’ai choisi Le Seuil. En 2008, j’ai racheté mes droits. En 2012, Pocket est tombé dessus et m’a fait signé un contrat pour les Visages mais aussi pour le Massacre, parallèlement, je signais avec eux un contrat pour les suivants en grands formats.
Les Visages sont sortis en italien en septembre 2014, puis seront publiés aux États-Unis et en Angleterre en anglais au printemps 2015. J’ai présenté ma « septologie » dont Le cimetière des hirondelles déjà traduit, en juillet dernier à Londres.

Comment es-tu venu à l’écriture ?
Il ne me semble pas y être venu, j’ai l’impression d’y être né. Depuis les tous premiers cours de français à l’école, et les rédactions. À 20 ans, j’avais terminé mon premier roman (détruit, brûlé et mangé depuis). Et je n’ai jamais arrêté. Matin et soir, tous les jours…

Tu peins, tu fais de la musique, tu écris… Comment trouves-tu le temps pour toutes ces activités ?
Je ne peux pas m’en empêcher. C’est une sorte de maladie, ou plutôt, comme dirait Bradbury: « Un remède à la mélancolie ». Si je ne créé pas, je dépéris. Quant au temps qu’il faut dégager, ce n’est pas un problème, on en perd beaucoup devant des écrans futiles. Et puis, la seule chose importante, c’est l’énergie ! Et/ ou la motivation. Ce sont là des moteurs essentiels, bien plus que le talent. Ça, et une petite folie intérieure.

Y a-t-il des auteurs qui t’ont influencé ?
Il me faut préciser que je ne lis plus depuis une bonne vingtaine d’années. « Lire ou écrire, il faut choisir », c’est un problème de temps. Cependant, je peux citer, dans mes influence d’avant, Céline, bien entendu, Lovecraft, Albert Cohen, Bradbury, Jean Ray, Edgar Poe et, dans le genre qui nous intéresse : Thomas Harris.

Comment trouves-tu tes idées ? Et comment les travailles-tu?
Tant que je n’ai pas trouvé une idée, vraiment originale, « l’Idée » pleine de potentiel, passionnante et surprenante, je ne commence pas. C’est une recherche permanente. Une fois trouvée et « maturée » en cave pendant trois à cinq ans, je commence à en tirer un plan général, lui aussi soumis à l’épreuve de la « mise en garde ». Puis vient l’année du plan détaillé et des recherches. Suivie de l’année d’écriture, puis d’un an de relecture (3 versions) pendant laquelle je «hante» le livre, et le charge de tous les maléfices possibles !

 

Mallock, écrivain, musicien, peintre… créateur de Mallock, commissaire bourru, très attachant, à découvrir.

Les disparus du phare, Peter May

Rejeté par les vagues, un homme reprend connaissance sur une plage. disparus du phareTétanisé par le froid, le cœur au bord des lèvres, frôlant dangereusement le collapsus. Il ignore où il se trouve et surtout qui il est ; seul affleure à sa conscience un sentiment d’horreur, insaisissable, obscur, terrifiant.
Mais si les raisons de sa présence sur cette île sauvage des Hébrides balayée par les vents lui échappent, d’autres les connaissent fort bien. Alors qu’il s’accroche à toutes les informations qui lui permettraient de percer le mystère de sa propre identité, qu’il s’interroge sur l’absence d’objets personnels dans une maison qu’il semble avoir habitée depuis plus d’un an, la certitude d’une menace diffuse ne cesse de l’oppresser.
Muni, pour seuls indices, d’une carte de la route du Cercueil qu’empruntaient jadis les insulaires pour enterrer leurs morts, et d’un livre sur les îles Flannan, une petite chaîne d’îlots perdus dans l’océan marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, de trois gardiens de phare, il se lance dans une quête aveugle avec un sentiment d’urgence vitale.

Revenant à l’île de Lewis où il a situé sa trilogie écossaise, Peter May nous emporte dans la vertigineuse recherche d’identité d’un homme sans nom et sans passé, que sa mémoire perdue conduit droit vers l’abîme.
Thriller efficace, Les disparus du phare entraîne le lecteur un peu plus loin dans la prise de conscience de la fragilité de la faune sauvage. Sans dévoiler l’intrigue, Peter May pose des questions auxquelles il faut déjà prendre conscience avant de pouvoir tenter d’y apporter une réponse.

L’Unité Alphabet, Jussi Adler Olsen

Résumé de l’éditeur L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande …